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Facteurs organisationnels et humains

16/02/2017

FACTEURS ORGANISATIONNELS ET HUMAINS

Nouveaux outils, nouvelles méthodes ou nouvel état d'esprit?

Dès la préhistoire, lorsque l'homme compris qu'il pouvait exploiter son environnement à force d'imagination et d'inventions, il réalisa dans le même temps qu'il devait aussi se protéger des effets dangereux des outils qu'il inventait. Les premiers équipements de protection individuelle virent ainsi le jour il y a plusieurs millions d'années.

La prévention des risques est la conscience qu'il faut observer et comprendre les risques pour en réduire les effets. Cette notion est nettement plus récente dans l'histoire car elle n'a pris véritablement naissance qu'à partir du XVIIème siècle (1).

Les progrès en matière de protection des personnes ont été considérables à mesure que les connaissances scientifiques et techniques s'accroissaient et que la préoccupation sociale et humaine grandissait.

Sous les effets successifs et combinés des réglementations imposées par l'Etat et des exigences d'organisation dictées par les normes et les référentiels de management, jamais dans l'histoire le nombre de d'accidents n'a été aussi faible.

De nos jours, la prévention des risques professionnels repose sur la science des experts et la rigueur dans le respect des règles.

Pourtant, nombreux sont les industriels qui constatent que loin de se maintenir, la dynamique semble s'essouffler. Les indicateurs de performance stagnent quand ils ne se dégradent pas. De nouveaux risques émergent, pour lesquels les causes deviennent difficilement identifiables et dont les effets se ressentent sur le long terme. Malgré des efforts considérables déployés pour renforcer les réglementations et améliorer toujours plus les organisations, les processus d'organisation et les méthodes de travail semblent très souvent rencontrer leurslimites.


Nos sociétés sont aujourd'hui traversées par des tendances lourdes qui bouleversent les codes sociaux, bousculent les normes d'organisation et transforment fondamentalement les rapports humains (2). Les principes et les croyances qui ont servi de référentiels aux individus et aux collectifs sont remis en cause: ils ne produisent définitivement plus les mêmes effets qu'autrefois.

Dans la plupart des champs d'activité, la perte du sens est pointée du doigt. De façon très courante, on peut observer dans les collectifs et chez les personnes des comportements inappropriés, voire dangereux. Cela va de la passivité à l'ignorance des règles, de l'initiative personnelle et du chacun pour soi à de véritables comportements de déresponsabilisation (3).

Heureusement, la transformation fulgurante de la société actuelle recèle de magnifiques trésors d'évolution et de croissance. L'immense aspiration à la liberté qui soulève les peuples et agitent les salariés ne signalerait-elle pas en fait l'existence d'un insondable réservoir de motivation? La gigantesque révolution numérique n'ouvre-t-elle pas de nouvelles perspectives pour développer la collaboration et le partage des cultures? L'arrivée sur le marché du travail des nouvelles générations élevées au numérique n'annonce-t-elle pas l’essor de l'interdépendance et de la co-responsabilité? (4)

Assez généralement en effet, il s'agit de donner du sens, de développer un nouvel état d'esprit. Il s'agit, en plus de tout ce qui a déjà été fait et qui produit encore de très bons résultats, de relier les hommes et les femmes qui travaillent ensemble et de se donner l'ambition de guérir le monde. (5)

Dans ce contexte de remise en question des méthodes anciennes, d'accélération de la communication, d’incompréhensions entre les générations, la sécurité et le bien-être au travail sont des dimensions qui restent fondamentales. Nous sommes tous concernés. Cela demande notre implication à tous, quoi que nous ayons à faire en termes de fonctions ou de métiers, qui que nous soyons en termes d'identité ou de capacité d'influence.

S'intéresser aux facteurs organisationnels et humains est une façon très ciblée de donner du sens à une organisation. Il ne s'agit pas de définir de nouvelles règles, de nouveaux codes ou de nouveaux concepts qui renforceraient l'autorité. Il ne s'agit pas non plus de proposer encore de nouvelles expertises techniques pour améliorer davantage les processus (6).

Travailler sur les facteurs organisationnels et humains consiste à créer un environnement pour permettre aux acteurs de construire une vision partagée autour de la maîtrise des risques.

Les facteurs organisationnels et humains ne s'apprennent pas et ne se décrètent pas. Ils se vivent, s'expérimentent, évoluent avec la prise de conscience collective. Par le partage des représentations, par la prise en compte de chaque individu, par la mise en commun de toutes les compétences et par la place laissée aux besoins d'exister chez chaque humain, il s'agit de développer l'énergie des cœurs, de nourrir la curiosité de l'esprit, de préserver l'intégrité physique et psychique de ceux qui constituent la richesse fondamentale et la puissance génératrice des organisations.

Nous sommes tout à la fois sujets de l'évolution de nos organisations et objets de leurs (dys)fonctionnements.

En effet, si la protectionconsiste à mettre en place la protection individuelle et collectives, à définir des règles et des procédures de sécurité, ne faire que celafavorise dans le même temps l'émergence de comportements de protection, comme la dépendance, la soumission ou l'aveuglement.

Si les démarches de prévention permettent de développer l'expertise, de construire la formation et de définir les standards de conformité, les résistances naissent dans la bureaucratisation, dans les organisations en silos et dans l'émergence de comportements et de croyances mentales dictées par la certitude et par le jugement.

En reliant les hommes entre eux et en donnant du sens avec et parles facteurs organisationnels et humains, il s'agit de laisser libre court à une dynamique visant un but supérieur à la seule somme des intérêts personnels. En développant l'interdépendance, la reconnaissance de l'autre, la valorisation du leadership et de l'innovation, travailler sur les facteurs organisationnels et humains permet de veiller aux biens d'une organisation et de ses acteurs. Au-delà des règlements qui font la structure, au-delà des processus qui dirigent les énergies, les facteurs organisationnels et humains sont un tout qui consiste à constamment ajuster entre le contrôle qui dirige et la confiance qui accueille, entre l'ordre à donner et la posture d'être ressource.

(1)Jackie Boisselier, Naissance et évolution de l'idée de prévention des risques professionnels, juin 2004, INRS

(2)http://fonda.asso.fr

(3)François Dupuy, Lost in Management, 2011, Seuil

(4)Jean Staune, les clés du futur, 2015, Plon

(5)Frédéric Lenoir, la guérison du monde, 2012, Poche

(6)François Daniellou, Facteurs Organisationnels et Humains, Les cahiers de la sécurité industrielle, 2012, Fondation pour une culture de sécurité industrielle

Actualités

Facteurs organisationnels et humains

16/02/2017

Dans la lignée des progrès réalisés en maîtrise des risques professionnels, les facteurs organisationnels et humains constituent un champ de développement récent. L'homme est enfin considéré comme étant le cœur de la problématique, ce qui ouvre un gigantesque champ d'expérimentation pour l'intelligence collective.  


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